Médecine Générale
La Médecine Générale
L’internat de médecine générale correspond à la formation spécialisée des futurs médecins généralistes dans le cadre du Diplôme d’Études Spécialisées (DES) de médecine générale.
La formation des internes en médecine générale repose sur une alternance entre stages hospitaliers, stages ambulatoires et enseignements universitaires. Elle vise à développer des compétences cliniques, relationnelles et organisationnelles permettant l’exercice de la médecine de premier recours dans toute sa diversité.
Certaines modalités de stage sont spécifiquement conçues pour préparer à l’exercice professionnel de la médecine générale, comme le Stage Ambulatoire en Soins Primaires en Autonomie Supervisée (SASPAS) ou, dans le cadre des évolutions récentes de la formation, la phase de consolidation sous statut de docteur junior ambulatoire.
Ces dispositifs constituent des étapes essentielles de la formation, permettant aux internes d’acquérir l’autonomie nécessaire à l’exercice de la médecine générale tout en bénéficiant d’un encadrement pédagogique.
1. Le SASPAS
Le Stage Ambulatoire en Soins Primaires en Autonomie Supervisée (SASPAS) vise à placer l’interne dans une situation d’exercice proche de la pratique professionnelle, tout en garantissant un encadrement pédagogique par des maîtres de stage universitaires (MSU).
Son organisation repose sur plusieurs textes législatifs et réglementaires encadrant le troisième cycle des études de médecine.
Organisation historique des stages ambulatoires
L’encadrement des stages ambulatoires en médecine générale a été structuré par le Décret n°2004-67 du 16 janvier 2004 relatif à l’organisation du troisième cycle des études médicales
Ce texte a introduit les stages chez le praticien et posé les bases de la formation ambulatoire dans le DES de médecine générale, permettant le développement progressif du stage en autonomie supervisée.
Une circulaire ministérielle a ensuite précisé les objectifs pédagogiques du SASPAS :
Elle définit notamment :
- les objectifs pédagogiques du stage
- le rôle des maîtres de stage universitaires
- les modalités de supervision
- l’objectif de mise en situation professionnelle progressive.
Réforme du troisième cycle (R3C)
La réforme du troisième cycle des études médicales a profondément modifié l’organisation des formations spécialisées.
La maquette du DES de médecine générale est définie par l’Arrêté du 21 avril 2017 relatif aux connaissances, compétences et maquettes de formation des diplômes d’études spécialisées
Ce texte rend obligatoire un stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée (SASPAS) au cours du DES de médecine générale.
Le stage doit être réalisé :
- pendant la phase d’approfondissement
- auprès de maîtres de stage universitaires agréés
- sur un terrain de soins primaires.
Évolutions récentes de la maquette
La maquette du DES de médecine générale a été actualisée par l’Arrêté du 3 août 2023 modifiant la maquette de formation du diplôme d’études spécialisées de médecine générale
Ce texte confirme l’obligation du SASPAS comme stage ambulatoire de niveau 2, réalisé auprès d’au moins deux maîtres de stage universitaires, et positionné dans les semestres avancés de la formation.
2. Le Docteur Junior de Médecine Général
La dernière phase de la formation en médecine générale correspond à la phase de consolidation, durant laquelle l’interne acquiert le statut de docteur junior.
Cette phase vise à permettre une montée progressive en autonomie dans l’exercice de la médecine générale, tout en maintenant un encadrement pédagogique par des médecins expérimentés.
Dans le cadre des évolutions récentes de la formation, cette phase peut se dérouler en pratique ambulatoire, avec une organisation spécifique des stages et de l’affectation des docteurs juniors.
L’appariement
L’affectation des docteurs juniors de médecine générale s”effectue via la plateforme SiiMOP pour la gestion des vœux et des affectations, déjà utilisée pour certaines campagnes de choix de stage. C‘est ’application de gestion du 3ème cycle des études de santé. Son développement est coordonné par l’UNESS et la Direction Générale de l’Offre de Soins du Ministère de la Santé.
Le dispositif prévoit :
- l’ajout d’un quatrième tour d’affectation, soit un tour supplémentaire par rapport aux autres spécialités, pour d’avantage d’ajustement.
- un choix des postes réalisé au sein de la subdivision.
Dans le cadre de ce processus, les maîtres de stage universitaires (MSU) participent au classement des candidats :
- lorsqu’un MSU reçoit entre deux et dix candidatures, il classe l’ensemble des étudiants
- lorsqu’il reçoit plus de dix candidatures, il doit classer au minimum dix étudiants.
Ce dispositif vise à organiser l’appariement entre les docteurs juniors et les terrains de stage ambulatoires selon le meilleur matching entre MSU et étudiants.
La rémunération
La rémunération des docteurs juniors de médecine générale relève du cadre statutaire des docteurs juniors du troisième cycle des études médicales soit un salaire fixe brut de 2 375 € par mois.
Ce à quoi s’ajoute la prime d’autonomie supervisée annuelle de 5 000 € brut, soit 417 € par mois
Des rémunérations spécifiques peuvent s’ajouter dans le cadre d’activités complémentaires, notamment la participation à la permanence des soins ambulatoires ou encore:
- La prime d’activité semestrielle de 500 € brut, soit 83 € par mois, ddès lors qu’au moins 200 consultations ou actes sont réalisés en moyenne par mois
- L’indemnité forfaitairepour les stages en ZIP (Zone d’intéret prioritaire) de 1 000 € par mois en brut. Tu peux retrouver les informations sur les zones sous-denses sur le site de sante.gouv.
- L’indemnités forfaitaires de transport et d’hébergement (selon les mêmes conditions qu’en phase socle et en SASPAS) entre 130 et 300 € par mois.
La PDSA
Dans le cadre de leur activité, les docteurs juniors de médecine générale peuvent participer à la permanence des soins ambulatoires (PDSA). Cette participation repose sur le volontariat et peut prendre deux formes : la régulation ou l’effection des soins.
a. Activité de régulation
Les docteurs juniors peuvent participer à la régulation de la PDSA, sur la base du volontariat, sous réserve d’avoir suivi une formation préalable à la régulation médicale.
Cette activité est réalisée sur une base volontaire et est rémunérée 50 € bruts par heure.
b. Effection des soins
Les docteurs juniors peuvent également participer à l’effection des soins dans le cadre de la PDSA. Cette activité repose également sur le volontariat et nécessite :
- une inscription auprès de l’Ordre départemental des médecins,
- la possibilité de joindre un PAMSU (praticien assurant la maîtrise de stage universitaire) en supervision à distance.
La rémunération brute prévue est :
- 211,01 € :
- pour les débuts de soirée jusqu’à minuit
- pour les samedis de 12 h à 20 h
- 422,03 € pour 12 heures :
- tous les jours de 20 h à 8 h
- les dimanches et jours fériés de 8 h à 20 h
Cadre formation
La phase de consolidation du DES de médecine générale a pour objectif de permettre une autonomie progressive dans l’exercice professionnel, tout en maintenant un cadre pédagogique structuré.
L’activité du docteur junior est réalisée sous la responsabilité de médecins encadrants, qui assurent la supervision pédagogique et l’accompagnement dans l’acquisition progressive de l’autonomie.
Afin de garantir des conditions de formation adaptées :
- un médecin encadrant ne peut superviser au maximum que deux étudiants, tous niveaux de DES confondus (à l’exception des étudiants du deuxième cycle) ;
- l’activité du docteur junior fait l’objet d’une attention particulière afin de préserver la dimension pédagogique du stage. Lorsque l’activité d’un docteur junior dépasse un certain niveau d’activité, l’agrément du terrain de stage peut être réexaminé.
À titre indicatif, un seuil d’activité est fixé à 2 400 consultations en moyenne par semestre, soit environ 100 consultations par semaine.
Elle constitue une étape vers l’installation ou l’exercice en médecine générale.