Suivez la grève sur la réforme du 3eme cycle en temps réel avec la page dédiée ISNI

Le 18 avril, après l'appel à la grève par l'ISNI, les internes de toute la France se sont massivement mobilisés contre le projet de réforme des études médicales tel que présenté par les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé.

Avec cette mobilisation contre ce projet de réforme d’inspiration comptable amputant la formation des futurs médecins, les internes ont démontré une nouvelle fois leur attachement sans faille à un haut niveau de formation, garantie de l’excellence de la qualité des soins.

Vous trouverez sur cette page tous les documents ISNI publiés tous au long de la grève ainsi que des extraits ci dessous permettant de mieux comprendre les enjeux et l'importance de ce mouvement national.

Pourquoi avons nous déposé un préavis ?

Ce préavis de grève est justifié́ par le manque de garanties sur l’évolution de la formation des étudiants en troisième cycle des études médicales, dans le cadre de la réforme.

Nous demandons les garanties suivantes concernant la phase 3 :
- L'absence de pleine autonomie ou de plein exercice mais bien d’une autonomie supervisée

- La reconnaissance de la phase 3 comme un an permettant l'accès au secteur 2 ;

- Une revalorisation salariale en fonction du travail effectué ;

- La sanctuarisation du nombre de postes de post internat (CCA-AHU, assistant spécialiste).

Où en sommes-nous ?

Un mouvement de grève illimité a été lancé le 18 avril 2017, avec une manifestation locale dans les villes le matin et devant le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, à Paris l’après-midi. Les représentants de l’ISNI ainsi que de l’AFIHGE 1 (hepato- gastroentérologie), le SNIN2 (néphrologie) et le CCF3 (cardiologie) ont été reçus par des conseillers ministériels et des sous-directeurs de la DGOS4 et de la DGESIP5.

Cette réunion de plus de 2H n’a pas abouti à des mesures satisfaisantes concernant les associations de spécialité demandant, entre autre, un passage de leur maquette à 5 ans. Nous avions pourtant retrouvé des comptes-rendus de groupe de travail datant d’au moins 2011 évoquant la volonté d’allonger la durée de formation pour ces DES. La seule opposition à cette demande forte, portée par les enseignants, universitaires, libéraux, hospitaliers de ces professions consistait à faire une « étude de faisabilité ».

Pourquoi une réforme du troisième cycle ?

L’objectif initial était de moderniser la formation théorique et pratique des internes tout en proposant une formation plus précoce et plus complète sans allonger la durée des études. Pour les ministères, il s’agissait de mieux répondre aux besoins de santé avec une architecture de l'internat permettant d'anticiper le futur exercice de l'étudiant dès son choix à l'ECN.

Le diplôme d'études spécialisées (DES) devient un diplôme suffisant à l'exercice de la spécialité, les diplômes d'études spécialisées complémentaires (DESC) sont ainsi remplacés pour la plupart par des formations incluses dans certains DES, voir par des DES à part entière (gériatrie, médecine d’urgence, filiarisation des DES chirurgicaux) ou des FST (Formations Spécialisées Transversales). Ainsi, il existe dorénavant 44 DES.

La structure en 3 phases

La nouvelle structure de l'internat sera divisée en trois phases sur 4 à 6 ans, selon les maquettes. Le but est d’avoir une progression des connaissances et des compétences de l’interne au cours de ces trois phases. Chaque phase comprend des objectifs détaillés dans un contrat pédagogique.

Les stages seront agréés pour une ou plusieurs phases en fonction des maquettes.
Les compétences seront évaluées de manière régulière par « une commission locale de coordination de spécialité ». Il en existera une pour chaque spécialité dans chaque subdivision d’internat. Sa mission sera de s'assurer de l'organisation et du respect de la formation suivie par l'étudiant et de son accompagnement défini par le contrat de formation. Elle est présidée par le coordonnateur local, et regroupe de nombreux acteurs locaux séniors et internes. Sa composition est définie par la commission régionale de spécialité.

Le droit au remord est possible jusqu’au 2ème semestre de la phase 2. En parallèle, une « réorientation » est possible sur décision de la commission locale de coordination au terme de chaque phase.