Lundi 23 mars 2015,

Encore une fois, une levée de préavis ne signifie pas la fin d’une mobilisation ; pour preuve nous sommes ce jeudi soir à Poitiers afin de pouvoir discuter avec les internes en grève et faire remonter leurs inquiétudes lors du débat parlementaire.

Petit rappel du fonctionnement de l’ISNI :
–       c’est un inter-syndicat qui regroupe l’ensemble des villes d’internat
–       les décisions sont soumises aux votes des villes et prises à la majorité
–       les syndicats de ville représentent les internes de leurs villes
–       si vous avez l’impression que votre point de vue n’est pas retranscrit, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre syndicat de ville et à vous y investir !

Chers internes, chers confrères, chères consœurs,

L’ISNI a pris position contre certains articles du projet de loi de santé depuis l’été dernier.

La mobilisation s’est accentuée depuis le mois de janvier avec plusieurs journées de grève et une manifestation nationale qui a eu lieu le 15 mars à Paris.

Pour mémoire, nos revendications portaient sur les points suivants:

  • article 12 et liés : refus d’une contractualisation forcée entre les professionnels de santé d’un territoire et l’Agence Régionale de Santé, refus d’une déclinaison régionale de la convention nationale (modulation régionale des tarifs de l’Assurance Maladie pouvant constituer des mesures de désincitation à l installation et d’inéquité entre les territoires),

  • article 26 : refus de l’interdiction pour certains établissements « labellisés » Service Public Hospitalier de pratiquer librement leurs tarifs en dehors des services d’urgence, refus d’un Service Public Hospitalier rigide qui impacterait les activités et donc les recrutements en établissements privés,  

  • article 34 : refus de la création d’un pool de praticiens hospitaliers remplaçants qui constituerait une précarisation de l’entrée dans la carrière hospitalière,

  • article 38 : refus d’une place accordée aux collectivités territoriales dans notre formation et notamment nos affectations de stage,

  • article 18 : refus d’une mise en place du tiers payant généralisé obligatoire qui livrerait aux organismes complémentaires (mutuelles et assurances santé privées) les flux financiers des remboursements des soins, refus d’un transfert opaque vers les assurances privées signant un désengagement progressif de l’Assurance Maladie.

Nous avons toujours considéré que la vocation de notre syndicat était d’être force de propositions et non pas uniquement d’opposition. C’est pourquoi nous avons appelé à une réécriture du texte de loi et travaillé avec le ministère de la santé à la rédaction d’amendements qui correspondent à nos positions.

Aujourd’hui, le texte de loi rebaptisé par la Commission des Affaires Sociales « Loi de Modernisation du Système de Santé » qui sera présenté à l’Assemblée Nationale le 31 mars présente les avancées suivantes :

  • article 12 : suppression du Service Territorial de Santé au Public, création de Communautés Territoriales de Professionnels de Santé ; l’équipe de soins primaires, centrée autour du médecin traitant peut, sur la base du volontariat et pour une thématique précise (un projet de télémédecine par exemple), solliciter des financements supplémentaires auprès de l’ Agence Régionale de Santé. Ce genre de contractualisation existe déjà à titre expérimental à l’initiative de certaines ARS, rien de coercitif là dedans et surtout nous pouvons nous féliciter de voir dans la nouvelle rédaction un premier pas vers la révolution du premier recours consacrant l’articulation entre le premier recours et les spécialistes de second recours d’une part et renforçant d’autre part la médecine de parcours que nous réclamons même si cela reste trop timide selon nous,

  • article 26 : le label Service Public Hospitalier ne sera pas associé aux autorisations d’exercice ni accréditation des établissements privés ; le risque de restructuration de ces établissements impactant nos débouchés professionnels est écarté,

  • article 34 : la position de praticien hospitalier remplaçant ne pourra concerner que les titulaires, dans certaines spécialités et dans certaines régions uniquement ; une victoire contre la précarisation du début de carrière, un regret cependant de créer de la complexité dans les carrières hospitalières et de faire l’économie d’une réflexion profonde sur la ré organisation des services et sur la réelle attractivité des carrières hospitalières,

  • article 38 : les internes sont exclus de la mesure qui consacrait le lien entre l’université, l’ARS et les collectivités territoriales dans l’organisation de l’offre de formation,

  • article 18 : la place de l’Assurance Maladie comme pilote de la plateforme permettant la mise en place progressive, par étapes jusqu’en 2017, du tiers payant généralisé est affirmée, et cela n’est clairement pas du goût des organismes complémentaires ; nous pouvons nous féliciter d’avoir dénoncé ce risque et contribué à l’empêcher ; cependant nous regrettons que ne soient qu’ évoquées les pénalités de retard de paiement versées au médecin par l’Assurance Maladie qui ne feront qu’aggraver un peu plus les déficits sans assurer un meilleur accès aux soins en terme de soins dentaires, de port de lunettes ou de prothèses auditives, ni de résoudre la problématique des franchises médicales.

Nous sommes conscients du débat actuel autour du tiers – payant généralisé obligatoire. Cependant, considérer que les patients doivent ou non faire l’avance de frais de leurs soins relève d’une position idéologique personnelle ou politique et non syndicale.

Nous continuerons à soutenir les professionnels de santé dans leur position concernant les obstacles techniques à la mise en place d’une généralisation sur lesquelles nous maintenons nos réserves et nous continuerons dans les jours qui viennent le travail de persuasion dont nous avons su faire preuve afin que ce tiers payant n’ait rien d’obligatoire.

La Grande Conférence de Santé, annoncée par Manuel Valls, sera également l’occasion d’exprimer notre vision du système de santé de demain.

Concernant la formation, seront abordées :

  • la question de l’ évolution de l’organisation de l’offre de stages liée à la mise en place des nouvelles régions,

  • la concrétisation du virage ambulatoire dans l’offre de stage en troisième cycle (et en deuxième cycle également),

  • l’audit, urgent, des capacités de formation des subdivisions avec une adaptation du numerus clausus en conséquence.

Sera également abordée la question de l’évolution des modes d’exercice, en particulier la « révolution du premier recours » promise par la ministre et l’ISNI y réaffirmera la nécessaire place des jeunes médecins dans le gouvernance du système de santé notamment.

L’ISNI reste vigilant et suivra attentivement le processus législatif afin de s’assurer que nos positions ne soient pas mises à mal ni que de nouveaux amendements ne viennent mettre en péril notre exercice futur notamment sur la question de l’installation des jeunes médecins.

Merci à tous de vous être mobilisés,

Restons sur nos gardes et soyons prêts à montrer à nouveau notre détermination s’il le faut,

Le Bureau de l’ISNI 

Contacts
Mélanie MARQUET – Présidente de l’ISNI – president@isni.fr– 06.50.67.39.32
Jérôme PINOT – Porte – Parole – porte-parole@isni.fr – 06.76.26.29.99