Cet article a initialement été publié dans le 8e numéro de « H ».

Paris, 3 octobre 2014, à l’Académie Nationale de chirurgie- Première séance réussie pour le Conseil National des Jeunes Chirurgiens (CNJC). « H » a interrogé son fondateur, Marc-Olivier Gauci, interne en chirurgie (8ème semestre).

Pourquoi as-tu voulu créer le CNJC ?

Le CNJC a pour vocation de réfléchir en amont aux problématiques des chirurgiens, internes et chefs, pour tout ce qui concerne la formation. Nous voulons être le guichet unique en chirurgie auprès des sociétés de seniors et des tutelles. Et je précise que l’ISNI et l’ISNCCA sont des assos légitimes pour défendre des sujets sociaux qui concernent tous les internes, comme les conditions de travail, et il n’y a aucune ingérence de notre part. Le CNJC a une orientation chirurgicale – évidemment – et axée sur la formation : il sert à apporter la voix des jeunes dans les sujets qui les concernent. Cela manquait dans le paysage associatif.

 

Les internes de chirurgie ont-ils du mal à faire porter leur voix ?

Eh bien, c’est surtout qu’ils sont très minoritaires dans les assos ou les intersyndicales. Au bureau de l’Isni par exemple, je suis le seul chirurgien depuis 2 ans et demi. Ls internes s’investissent peu au national même pour parler des sujets qui les concernent et si ce ne sont pas eux qui décident, d’autres le feront à leur place. Or, dans le cadre de la réforme du 3ème cycle, les internes en chir’ et les chefs avaient besoin de pouvoir réfléchir et de s’exprimer ensemble. Leur voix est peu entendue alors que cette réforme modifie complètement leur formation car elle remet en question le post-internat, soit la période durant laquelle nous apprenons à opérer. Les postes d’assistant et de chef de clinique ne seraient plus la norme, leur existence même est remise en question ! Si l’on verse dans le conspirationnisme, peut-être même que le but ultime de cette réforme est la disparition du secteur libéral privé mais aussi publique, à terme.

 

Quelles sont les positions du CNJC ?

Nous voulons réintégrer la formation complémentaire dans la formation initiale. Aujourd’hui, les DU et les DIU payants sont devenus la norme ! Et ils peuvent amputer la rémunération annuelle de l’interne de 2 ou 3 salaires. Même l’accès aux salles d’anatomie est payante dans certaines facultés… Par ailleurs, l’évaluation doit être au cœur de l’évolution de l’interne en formation. Le logbook a tout intérêt à voir le jour, de même qu’une prérentrée avant l’internat en chirurgie. Au début de l’internat, on est lâché dans la fosse aux lions, puis 5 ans après, personne n’a évalué nos compétences. Il y a d’autres évolutions qui émergent, comme l’évaluation des enseignants ou des terrains de stage. Dans certains services, même universitaires, la formation est mauvaise. Par ailleurs, la certification doit devenir nationale. La validation est locale ou interrégionale or nous communiquons de plus en plus avec l’Europe : c’est important que les Collèges nationaux puissent certifier qu’un chirurgien a bien été formé et reconnu en France.